Quelques nouveautés 29 novembre
De nouvelles pages et une nouvelle.
Je recommence à écrire, pour mon plaisir, et je partage.
Bonne lecture et n’hésitez pas à me faire part de vos commentaires, sentiments, etc.
De nouvelles pages et une nouvelle.
Je recommence à écrire, pour mon plaisir, et je partage.
Bonne lecture et n’hésitez pas à me faire part de vos commentaires, sentiments, etc.
Je vois le monde en couleur, il passe par tout les spectres il se transforme au grè de mes humeurs, il tourne, tourne et se retourne, mélange en moi les sentiments, il nuance chacun de mes sens.
Je vois le monde en rouge, sanglant et étincelant. Je le vois rouge et il sens cette odeur irrespirable de soufre, comme la carrière au pied du Vésuve qui rejette par des geysers des quantités invraisemblable de soufre. Je vois le monde en sang car je souffre et peut etre cette odeur n’est, elle aussi, que le fruit de mon imagination, peut-être ce souvenir est altéré par la mémoire que j’ai de cette journée d’octobre au pied du Vésuve. Je la sens souvent monter en moi, cette douleur incompréhensible, cette boule qui me plombe l’estomac, qui appui sur ma cage thoracique et remonte petit à petit jusque dans ma gorge. Dans ces moments là je hais le monde et sa couleur rouge, je hais la sensation de perte de contrôle, je hais le noeud qui se forme au fond de ma gorge, je hais mes yeux qui ne retiennent plus mes larmes mais par dessus tout je me hais d’être si fragile et si facilement destabilisée. Je voudrais être dure, forte, invincible, tel superman qui ne craint rien enfin rien d’autre que cette pierre verte. Moi je crains de voir le monde en rouge, car cela signifie la perte de tout contrôle sur moi-même et mes émotions, la perte de ma rationalité, la plongée dans un monde rouge, ocre du sang qui suinte de mes blessures.
Je la regarde grandir petite cicatrice laissée là à la fin d’un combat, je la regarde grandir au fur et à mesure que la guerre s’immisce en moi et je sens ma raison s’effondrer, tel un évanouissemnt interminable et le monde devient rouge. Rouge de mon envie de me vanger, rouge de la haine qui apparaît alors dans mes yeux. Et je deviens si irrationnelle alors, que personne ne peut calmer ma soif de vengeance à part l’assouvir, faire souffrir, faire du mal, amener l’autre à prendre un peu de ma douleur, partager mon fardeau pour avoir l’assurance enfin que je ne suis pas la seule à souffrir.
Pauvre âme qui croise alors ma route, pauvre homme à qui je donne toute la responsabilité de mes erreurs, pauvre amour que je laisse m’aimer jusqu’au moment où l’abandon fera le plus mal.
Je vois le monde en rouge et pourtant au fond de moi parfois revient un trait de raison, un mince filet de voix qui tente tel un petit chérubin sur mon épaule de me rendre mon esprit, de me faire revenir au monde tel qu’il est, avant qu’il ne soit trop tard. Pauvre petit chérubin sur mon épaule, pauvre de lui qui ne cesse de s’égosiller tandis que je lui devient sourde. Je l’entend parfois et je l’avais entendu cette fois me dire que les hommes ne sont pas tous pareils, me dire qu’il faut laisser une chance à l’amour et à l’espoir, me dire que la vie et le monde ne sont pas rouge qu’ils peuvent être vert, rose, bleu, et de toutes les couleurs tendres que l’ont peu trouver sur terre si tant est que l’on prenne le temps de s’arrêter pour changer de lunettes, prendre des verres qui ne masque pas la vue de cette couleur rouge, prendre le temps de vivre et de construire. Je l’avais entendu cette petite voix qui me disait : « Laisse toi aller et fait confiance au monde. La vie ne peut pas être que d’une seule couleur, elle est un arc-en-ciel et il faut du temps et de la patience pour en percevoir toutes les nuances. » Alors j’avais arrêter de voir le monde en rouge, je m’étais posé un peu plus loin, un peu au dessus pour me regarder vivre, pour prendre le temps d’aimer à nouveau toutes les couleurs que nous offre la Terre. Je m’étais assise dans un coin et j’avais laissé la vie me faire des surprises, je l’avais laissé choisir pour moi puisqu’il semble que forcer les choses n’avait rendu le monde qu’uniformément rouge.
Et puis j’ai trouvé en moi la force de croire que la vie pouvait être simple, qu’aimer pouvait signifier pour toujours, qu’hair était un sentiment bien difficile à ressentir quand on prenait le temps de poser son esprit. Et irrationnellement je me suis laissée entrainer dans un tourbillon de couleur. Rose comme mes joues quand il croisait mon regard, vert comme les milliers de plaines visitées avec lui, bleu comme le ciel et les yeux d’une jeune fille amoureuse, marron comme ses yeux et la couleur de la terre, tant de couleurs qui n’ont cessé de se méler les unes aux autres pour enfin obtenir une belle aquarelle.
Je sors un peu du cadre de ce blog pour souhaiter une bonne année à tous mes lecteurs !!
Une nouvelle année qui commence c’est juste un jour de plus et pourtant pour certains, comme moi, c’est un nouvel espoir…
Pour ma part j’espère beaucoup de choses comme trouver une suite à cette histoire ou encore mettre en route certains de mes projets et vous, qu’attendez-vous de 2010 ???
Le soleil brille, intensément. Au loin j’entends le pépiement des oiseaux. La brise, légère, voluptueuse, souffle dans les arbres et les feuilles bruissent laissant entendre une douce musique. De ma fenêtre je peux apercevoir la lumière qui berce les arbres au loin. Une douce mélodie inonde ma tête m’invitant à faire quelques pas de danse, une valse, seule au milieu de mon appartement. Sur la terrasse les plantes semblent reprendre vie, le printemps a amené avec lui la voluptueuse sérénade des oiseaux qui peuplent les chênes et les platanes. Comme encore dans un de ces rêves délicieux que l’on ne veut surtout pas quitter, je glisse et vais jusqu’à la salle de bain. L’eau qui ruisselle le long de mes cheveux inonde mon visage. La musique s’échappe maintenant au bout de mes lèvres pour aller s’éteindre dans la vapeur qui a envahi la pièce. La journée s’annonce belle.
Je m’apprête, je m’habille, une touche de maquillage comme pour saluer la beauté de ce jour de printemps, une pointe de rouge à lèvre pour embrasser cette nouvelle journée qui semble pleine de doux projets pour moi. Me voilà enfin prête à sortir et à goûter la chaleur du soleil sur ma peau. Une caresse pour le chat, une veste qu’on attrape au passage. Il risque de faire un peu frais ce soir. Je saisis mon sac à main, attrape le trousseau de clés pendu au crochet près de la porte et me voilà presque dehors. Les escaliers me paraissent si long avant d’atteindre la sortie, quel bonheur cette lumière. Quelques secondes, juste quelques secondes, pour profiter de la douceur de l’air. L’odeur des fleurs du cerisier arrive à mes narines, j’inspire le plus fort possible jusqu’à ce que mes poumons ne puissent plus avaler la moindre bouffée d’air. Cette effluve suave qui semble venir de loin, si loin me ramène de tendres souvenirs en tête. Le printemps dernier…
Et me voilà au volant de ma voiture, condamnée à devoir revenir à la réalité au moins le temps de ma journée de travail. Je tourne la clé et fais vrombir le moteur. J’embraye, passe la première, débraye, accélère et voilà c’est parti pour une journée de plus sur la Terre. La route me semble inhabituellement calme. Les gens au volant patientent dans les bouchons. On n’entend pas le bruit des klaxons comme à chaque fois que la route est encombrée. La sérénité me gagne. J’avance doucement au rythme des autres voitures, entourée par les gaz d’échappement. La douceur de cette journée semble avoir gagnée tout le monde sur l’autoroute. A la sortie, je recommence à rouler, plus vite, un peu plus vite, je m’arrête au feu puis je redémarre, à droite, puis à gauche. Un oiseau attire mon attention sur le bord de la route et puis aussi soudainement qu’il s’est envolé, le bruit, insoutenable, les crissements des pneus sur la chaussée encore humide de rosée, le bruit du métal qui se tord dans un brusque mouvement, les klaxons qui se font entendre comme pour couvrir les cris des passants, un cycliste au visage tendu par la surprise et la peur, aperçu quelques secondes. La douleur. L’horrible douleur qui envahit mon corps, mon crâne, le craquement des os qui se brisent sous le choc et le silence qui arrive enfin. Et puis le vide.
Le vide. Quels mots pourraient décrire le vide immense que je ressens en moi à ce moment ? Le noir, le corps que je ne ressens plus autour de moi, les gens qui se bousculent et dont les visages me semblent si loin, quelques mots saisis sans comprendre, le noir à nouveau et le silence qui me gagne…
« Allez, allez, c’est un trauma on n’a pas de temps à perdre… ». La scène s’était déroulée si vite que les passants n’avaient pas pu expliquer clairement ce qui était arrivé. Tous avaient regardé les pompiers, tels des fourmis, s’agiter autour de la voiture. Ils avaient vu le corps sans vie être sorti tant bien que mal par les pompiers et emmené dans le camion prêt à le transporter. Ils avaient entendu les sirènes se mettre en marche et emmener ce corps traumatisé par l’accident qu’il venait de subir. Pour nombre d’entre eux cette journée avait bien commencé jusqu’au moment où… Maintenant ils allaient devoir garder cette image gravée en tête toute la journée, maintenant ils allaient devoir se satisfaire de ce qu’ils avaient vu ce matin là sans savoir si finalement elle s’en était sortie. Maintenant chacun prendrait le parti de la vie ou de la mort selon ce qui lui serait le moins douloureux, le plus supportable. Et personne, aucun d’eux, ne saurait jamais ce qui était arrivé à cette jeune femme par une si belle journée de printemps.
Pour Martin, cette journée de printemps avait bien démarré. Réveillé de bonne heure, il avait profité du soleil en prenant son petit déjeuner dans son jardin. A peine une demie heure plus tard, toute la maison s’était éveillée, le calme et la sérénité laissant place soudain au brouhaha et aux disputes habituelles. Sa femme avait allumé la radio tout en préparant les bols et les tartines de Chloé et Melissa. Le calme que Martin avait ressenti jusqu’alors s’était évanoui au moment où ses deux filles s’étaient mises à hurler pour le dernier pain au chocolat. Stoïque, Martin était entré dans la cuisine, sa tasse dans une main, le journal dans l’autre, il était passé à côté de sa femme, l’avait embrassé puis s’était dirigé vers la table et s’était saisi du fruit de la dispute. Les deux fillettes l’avaient alors regardé, chacune espérant que le choix de leur père se porterait sur elle. Martin avait coupé le pain au chocolat en deux parts égales et, après avoir embrassé ses filles, en avait donné un morceau à chacune d’elles. Ce qui aurait dû avoir comme effet de calmer les deux petites filles avait alors déclenché une série de pleurs et de hurlements, chacune regardant avec cupidité la moitié qu’elle ne pourrait pas manger. Les cris avaient repris de plus belle et sa femme lui avait jeté un regard empli de reproches, se justifiant ainsi de ne pas être intervenue.
Martin n’avait pas souhaité répondre, il était sorti de la cuisine et avait investi la salle de bain. Il aurait souhaité conserver en lui le sentiment de plénitude qu’il avait ressenti à son réveil. Sous la douche, il avait pris son temps, profitant de la chaleur de l’eau et de la douceur qu’elle lui procurait. Après quelques minutes passées dans la salle de bain, il avait retrouvé son calme et s’était habillé. De retour dans la cuisine où ses filles s’étaient calmées, il avait de nouveau embrassé ses trois femmes et leur avait souhaité une bonne journée. Ce furent les seuls mots qu’il prononça ce matin là, comme s’il avait craint qu’en en disant plus il risquait de perdre ce sentiment de douceur qui le comblait.
Il avait ensuite pris son vélo et s’était dirigé vers son bureau. Sur la route, des sentiments paradoxaux l’envahissaient, entre son désir de quitter sa maison pour enfin être au calme et son irrépressible envie de ne pas aller travailler, il ne savait pas vraiment s’il devait se sentir heureux d’avoir enfourché son vélo. Pourtant ce sentiment de paix, qui l’avait envahit dès son réveil, ne semblait sous aucun prétexte vouloir le quitter. Il avait donc roulé vers son bureau où il savait que, au moment où il entrerait, ce sentiment de bonheur s’envolerait. Il en avait donc profité pour apprécier le paysage qu’il parcourait pourtant tous les matins depuis cinq ans. S’attardant sur les façades de maison qu’il croisait, écoutant le bruit des feuilles d’arbres qui chantaient, humant les doux parfums se dégageant des cerisiers. Ce parfum avait amené en lui un doux sentiment. Le sentiment que cette odeur était attachée à un souvenir qu’il n’arrivait pas à faire revenir à sa mémoire. Il avait réfléchi, cherchant au plus profond de lui ce que ce parfum signifiait mais n’avait pas trouvé. Enfin, tandis qu’il ne lui resté que quelques rues à parcourir avant d’arriver sur son lieu de travail, il l’avait vu. Un petit oiseau jouant avec une brindille, sautant, pépiant de toutes ses forces comme pour interpeller les passants. Devant ce spectacle, il s’était arrêté, avait posé le pied à terre puis était descendu de son vélo pour pouvoir en profiter plus longtemps. Pour ne pas gêner les voitures arrivant derrière lui, il était monté sur le trottoir. Son vélo toujours à la main tandis qu’il observait le ballet de ce petit oiseau, il l’avait vu arriver. Il avait vu la jeune femme tourner la tête vers la droite, elle aussi attirée par la danse de cet étrange oiseau. Il avait entendu le moteur de la voiture arrêtée à côté de lui vrombir sous le coup d’accélérateur. Il avait vu l’oiseau s’envoler d’un bond pour disparaître dans les feuillages alentours. Il avait entendu les pneus des deux voitures crisser sur l’asphalte. Il avait vu le choc puis la voiture de la jeune conductrice s’envoler dans un bruit de métal. Son coeur s’était alors mis à courir dans sa poitrine, ses membres s’étaient figés, l’empêchant de faire le moindre mouvement, ses oreilles s’étaient mises à siffler et des tremblements avaient alors parcouru tout son corps tandis qu’il regardait, horrifié, la voiture retomber sur le capot. Le visage de cette inconnue lui était alors apparu, comme si il le voyait pour la première fois mais lorsqu’il s’était rendu compte de l’état dans lequel la conductrice se trouvait, ses mains, qui jusqu’alors avaient maintenu son vélo bien droit à côté de lui, avaient lâché le guidon et le vélo était tombé sur la chaussée avec fracas.
Quelques minutes plus tard, comme si tout ça n’était pas réel, il s’était assis sur le trottoir regardant les pompiers s’agiter autour de la voiture, écoutant les cris des gens qui avaient assisté à la scène jusqu’à ce qu’un policier vienne lui demander de partir. Il s’était levé, flottant encore sur un nuage et d’un pas décidé s’était dirigé vers son bureau. Il était passé à côté du chauffeur de la deuxième voiture, celui-ci, tremblant, expliquait aux policiers qu’il ne l’avait pas vu arriver. Martin avait alors vu que le bras du chauffeur avait été bandé mais qu’il n’avait pour tout ecchymose qu’une bosse sur le front, acquise au moment où il avait freiné pour tenter d’éviter la jeune femme. Quelques mètres plus loin, il avait garé son vélo devant la grille de l’usine où il travaillait et avait entendu dans un hurlement de sirène, les pompiers évacuer la conductrice. La sonnerie de l’usine avait annoncé le début de sa journée de travail.